Contrairement à ce qu’on pourrait penser, utiliser des céréales pour fabriquer de l’alcool carburant Ethanol est une histoire plus ancienne en France qu’aux USA. Mais en France on n’en consomme aujourd’hui que 1,1 million d’hectolitres contre 4 à 5 millions dans les années 30-40, alors qu’aux USA, en 2003, la production s’est élevée à 114 millions d’hectolitres, soit 28 fois la production de l’Union Européenne à 15 !
L’Europe s’engage dans les Biocarburants
En 2003, face aux problèmes de dépendance énergétique et aux engagements de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’UE s’est engagée dans la vie des biocarburants en adoptant 2 directives : - la première fixe le cadre européen de la défiscalisation des biocarburants, chaque état membre pouvant aller jusqu’à la défiscalisation totale (cas de l’Allemagne, de la Suède et de l’Espagne, la France étant à 64% de défiscalisation) - la deuxième incite les états membres à incorporer 2% de biocarburants dans les essences en 2005 et 5,75% en 2010 par des mesures appropriées. Il s’agit en fait d’une obligation de moyens, pas de résultat…
Cette perspective est encourageante : elle permettrait l’ouverture d’un nouveau débouché pour les céréales à hauteur de l’équivalent de 3,5 millions d’hectares, soit 28 millions de tonnes, pour l’UE à 25, à l’horizon 2010 si le taux de 5,75% est atteint. Ceci est à resituer dans un contexte où l’UE à 15 oblige les producteurs à geler 10% de leurs terres soit 6 millions d’hectares et où la commission annonce pour 2010 une récolte européenne de céréales à 25 en hausse de 26 millions de tonnes.
La France doit passer à l’acte
Entre la loi sur les énergies et le plan climat, le gouvernement a affirmé vouloir respecter la directive européenne sur l’incorporation des biocarburants. En France il existe 3 à 4 projets de construction d’usines de bioéthanol à base de céréales d’une capacité de 1,25 à 2,5 millions d’hectolitres qui n’attendent que les agréments du gouvernement pour pouvoir débuter. Il faut en général plus d’un an d’instruction de dossier avant de poser la première pierre, et encore un an pour la construction d’une usine. Atteindre l’objectif de 5,75% d’incorporation d’éthanol dans les essences correspond à 20 millions d’hectolitres soit 9 millions de plus que la production actuelle.
Le maïs pour l’éthanol en France, c’est possible !
L’AGPM avec 5 collecteurs du Sud-Ouest, Aquitaine Industries Innovation et Abengoa Bioenergy (premier producteur européen de bioéthanol et cinquième aux USA) travaillent sur un projet d’implantation d’une usine de 1,25 millions d’hectolitres, nécessitant 300 000 tonnes de maïs pour un investissement de l’ordre de 70 millions d’Euros. L’avenir de ce projet, comme celui des autres, dépendra des engagements du gouvernement et de l’acceptabilité du milieu pétrolier vis à vis de l’incorporation de l’éthanol dans les essences qu’ils fabriquent et distribuent. Des réticences politiques et économiques devront être surmontées.