Sécheresse : la situation est aussi préoccupante pour le maïs.
23/06/2005
Face à la situation préoccupante que nous connaissons aujourd’hui en matière de sécheresse l’Association Générale des Producteurs de Maïs tient à rappeler un certain nombre d’éléments.
Les maïsiculteurs irrigants sont concernés au premier chef par les mesures de restrictions d’usage de l’eau, qui touchent à ce jour 28 départements : le respect, normal, de tout citoyen envers la loi, risque d’entraîner pour eux des conséquences beaucoup plus lourdes que les désagréments de la vie quotidienne tel que la limitation d’arrosage des pelouses ou la restriction du nettoyage des voitures. Pour les producteurs de maïs les restrictions d’usage de l’eau vont se traduire par la chute des rendements, la perte de toute ou partie de la récolte et in fine, par une perte de revenu qui risque d’être dramatique si la pluie n’est pas au rendez-vous cet été.
Le maïs est une culture d’été qui nécessite plutôt moins d’eau qu’une autre mais qui concentre ses besoins en période estivale. Seul un hectare de maïs sur 4 est irrigué en France, pour répondre aux besoins de la plante. Les surfaces de maïs irrigué sont stables depuis le début de l’accompagnement de la PAC en 1992 (880 000 hectares de maïs irrigué sur un total de 1, 6 millions d’hectares irrigués toutes cultures confondues ).
Les agriculteurs gèrent l’eau de façon responsable : ils apportent à leur culture, avec l’aide d’outils appropriés, la juste quantité nécessaire et travaillent quotidiennement pour optimiser la gestion de l'eau, par le biais notamment de tours d’eau ou de gestion volumétrique, en s’organisant à l’échelle des bassins versants. Cette année, face à une sécheresse hivernale importante, les producteurs ont adapté, lorsque c’était possible, leurs assolements, conduisant à une réduction de – 7 % de maïs. Mais cette responsabilité collective ne portera pas ses fruits : en 2005 les restrictions d’arrosage ont également touché les cultures irriguées de remplacement, montrant, s’il en était nécessaire, que bien sûr ce n’est pas le maïs qui est responsable de la sécheresse !
Le problème de l’eau tend à devenir récurrent. A l’heure où l’on parle quotidiennement de réchauffement climatique, il est indispensable de mener une politique de l'eau volontariste et anticipative. Alors que le projet de loi sur l’eau sera en lecture à l’Assemblée Nationale à l’automne prochain, les irrigants attendent des dispositions législatives fortes en faveur du stockage de la ressource, utile à tous, permettant de satisfaire aux besoins du milieu et de ses habitants sans mettre en péril les activités économiques.