Sécheresse et irrigation : un déchaînement qui interroge
21/07/2005
Les « anti-tout » ont trouvé une nouvelle cible … : la sécheresse et l’irrigation et au-delà l’agriculture et ses hommes.
Or rappelons-le tout de même, ce sont bien les agriculteurs, qu’ils soient irrigants ou non, qui souffrent le plus directement de la sécheresse. Quand il n’y a pas d’eau, ou qu’elle n’est pas utilisable en raison de restrictions, ce sont les cultures, organismes vivants composés essentiellement d’eau, qui en pâtissent le plus. Jamais l’eau pour les plantes n’est entrée en concurrence avec l’eau pour les hommes. L’eau est indispensable à la vie et des civilisations entières n’auraient pas existé sans irrigation ou maîtrise de l’eau. Il en est de même aujourd’hui pour nombre de régions où l’eau conditionne l’activité économique et la présence humaine.
Il est vrai, en période estivale, que l’essentiel de la consommation d’eau est destinée à l’irrigation. C’est effectivement, pendant l’été, quand les pluies sont moins abondantes ; et pour le bonheur des vacanciers, qu’irriguer s’avère indispensable pour les fruits, les légumes, les pommes de terres, mais aussi le maïs. Autant de cultures qui permettront d’avoir une alimentation de qualité et en quantité suffisante directement sur les étals de nos magasins ou indirectement puisque le maïs est un des éléments essentiels de la nourriture de nos cochons, vaches et poulets.
Deux rappels simples : - sur 28 millions d’hectares cultivés en France, 1,6 millions d’hectares sont irrigués, soient 5,7%, - sur 3,2 millions d’hectares de maïs, 880 000 hectares, soit 1 ha sur 4 sont effectivement irrigués.
On ne peut donc accepter ces attaques en règle proférées contre une profession qui fait chaque jour la preuve de sa citoyenneté et de ses efforts de gestion. Ne restons pas sur des positions à courte vue, investissons pour l’avenir. Le climat se réchauffe, l’irrigation ne se justifiera que plus et sur d’autres cultures encore.
Les irrigants font depuis plusieurs années des propositions pour qu’un plan ambitieux de stockage d’eau en hiver soit développé et que des moyens financiers soient dégagés. Etre citoyen c’est anticiper et gérer ensemble une ressource qui doit être partagée pour le bien de tous. Contrairement au climat actuel et aux attaques permanentes, c’est la position défendue depuis toujours par les irrigants.
C’est un peu trop facile de surfer en permanence sur le sensationnel, les peurs, l’émotion et les faux procès. Faut-il enfin rappeler que la France n’est pas en situation de déficit hydrique mais d’excédent. La France est en fait riche d’une ressource qu’elle n’exploite pas, qu’elle ne gère pas, et qu’elle laisse s’écouler à la mer. Aussi par delà ces prises de conscience saisonnières, sachons raison garder et gérer professionnellement et sérieusement l’eau, sa disponibilité et ses usages… et ce, non seulement le temps d’un été mais sur la durée.