Intervention céréalière: une évaluation qui ne peut servir de prétexte …
07/04/2006
Une évaluation des instruments de politique céréalière de l’U.E. réalisée à la demande de la Commission européenne vient d’être publiée. Point essentiel, elle conclut à l’efficacité globale de l’Organisation commune de marché (O.C.M.) comme système de régulation des marchés céréaliers. Malgré cela, elle appelle à remettre profondément en cause cette O.C.M, en raison surtout de l’afflux de céréales dans les stocks publics dans divers nouveaux Etats-membres. L’AGPB, l’AGPM et la FFCAT dénoncent l’incohérence de ces conclusions.
Si l’ampleur anormale du stockage public de céréales dans plusieurs pays Est-européens n’est pas contestable, ce phénomène n’est pas dû à l’OCM, l’évaluation elle-même le souligne. Il résulte :
- de l’absence d’infrastructures suffisamment performantes -dans le domaine des transports notamment- pour que les récoltes de ces pays puissent être commercialisées efficacement, - de l’exemption de jachère obligatoire accordée à titre transitoire à ces mêmes pays.
L’AGPB, l’AGPM et la FFCAT récusent par conséquent l’idée de réserver la mise en œuvre de l’intervention au seul blé panifiable et seulement dans des zones européennes déficitaires en céréales. Elles s’opposent également à la recommandation de gérer l’intervention au travers de mécanismes de stockage privé ; s’ils devaient être sollicités plusieurs années de suite, ces mécanismes ne résisteraient pas, faute de moyens financiers suffisants.
L’AGPB, l’AGPM et la FFCAT ne peuvent accepter qu’un rapport qui évalue positivement les mécanismes communautaires de gestion des marchés céréaliers serve de prétexte à une nouvelle remise en cause de l’OCM céréales, alors même que la précédente réforme se met à peine en place et ne concernera pleinement les nouveaux Etats membres qu’à partir de 2008.