OMC et intervention : un enchaînement inacceptable
07/04/2006
Pendant qu’elle pratique la fuite en avant dans les négociations de l’OMC à Genève, la Commission européenne lance une offensive à Bruxelles contre le régime de l’intervention sur le marché communautaire des céréales.
Le 30 juin dernier, devant le Groupe consultatif Céréales et oléoprotéagineux, elle a entamé une offensive contre ce régime, mettant en avant les conclusions de l’étude qu’elle a fait réaliser par le cabinet anglo-saxon LMC International sur l’Organisation commune de marché Céréales. Cette étude attribue faussement aux mécanismes de l’intervention le gonflement des stocks publics de céréales de l’U.E., dû en vérité à une prise en compte insuffisante de problèmes d’infrastructure des nouveaux Etats-membres dans la préparation de l’élargissement.
En réalité, si la Commission veut mettre à bas l’intervention, c’est parce qu’elle prend le risque, avec ses positions à l’OMC sur l’accès au marché européen, de devoir faire face à un afflux considérable de nos céréales vers les stocks publics.
La véritable cohérence, dans une politique de défense des intérêts céréaliers européens, serait de réaffirmer le rôle de l’intervention, d’une part comme ultime parade aux concurrences sauvages et distorsions d’origine monétaire, d’autre part comme outil de régulation indispensable sur un marché où doivent être satisfaits des besoins de plus en plus nombreux.
Une majorité d’Etats de l’U.E. est partisane de cette cohérence-là, comme l’ont montré leurs réactions à l’attitude de Monsieur MANDELSON et aux préconisations de LMC International. En relation avec ses partenaires français et européens, ORAMA mettra quant à elle toute son énergie à appuyer ces réactions et à empêcher des décisions inacceptables. Contacts : Pascal Hurbault, 01 44 31 16 25