ORAMA et " Irrigants de France" plaident pour la vérité des chiffres et des allégations et argumentent. Ils rappellent la priorité d’une réelle politique de gestion et de stockage de l’eau comme s’y est engagé Dominique Bussereau.
Suite à la communication de l’UFC Que choisir du 27 juillet 2006 dénonçant une augmentation des surfaces irriguées en France sur la seule base de données globales de l’OCDE, ORAMA et " Irrigants de France" entendent assainir le débat en apportant des éléments factuels en complément du communiqué du ministère de l’agriculture du 2 août 2006.
Il semble en effet important de signaler que la gestion de l’eau ne se raisonne pas en hectares mais en mètres cube! La surface irriguée française a certes augmenté mais la consommation d’eau des irrigants (en volume !) a diminué de 4% entre 1990-1992 et 2000-2002, toujours selon l’OCDE. Seuls de nombreux efforts de la part des agriculteurs en terme de gestion de l’eau ont permis cette diminution des volumes tout en augmentant les surfaces.
ORAMA et " Irrigants de France"précisent que pour une Union de consommateurs telle que UFC-Que choisir, il y a des comparaisons aisées à ne pas faire. En effet, comparer le développement des surfaces irriguées en France, aux Etats-Unis, en Australie et en Espagne détourne l’objectivité des faits. Un tel amalgame omet les diversités climatiques, agricoles et l’expérience technique de chacun de ces pays.
Le maïs, qui porte quasiment à lui seul le fardeau médiatique, n’est pas le « boit sans soif » que l’on décrit comme tel :
- D’abord, Le maïs ne représente pas la totalité des surfaces irriguées mais uniquement 40% de celles-ci. - Ensuite sur 3 millions d’hectares de maïs, la surface irriguée ne représentait que 885 000 ha en 2004 pour encore diminuer en 2006 avec 790 000 ha soit une baisse de 11%. - Enfin, contrairement aux dires d’un célèbre photographe aérien, ORAMAet " Irrigants de France" tiennent à rappeler que pour produire un kilo de grains de maïs, seuls 450 litres d’eau sont nécessaires, dont maximum un tiers est apporté par l’irrigation lorsqu’elle est pratiquée, et non 2 500 litres annoncés…l’agronomie en amateur n’est pas une discipline reconnue.
ORAMAet " Irrigants de France" rappellent que l’eau est indispensable à l’agriculture pour assurer les besoins en quantité et en qualité des consommateurs sans parler de la compétitivité des exploitations françaises. De plus, dans un contexte de réchauffement climatique annoncé et d’augmentation du prix du baril de pétrole, l’irrigation devra trouver sa place pour assurer le développement de nouveaux débouchés (biocarburants, bioplastiques,…) et dans de nouveaux espaces.
Enfin, une réelle politique de gestion de l’eau doit être la traduction opérationnelle des propos tenus par le ministre de l’agriculture au congrès du maïs le 14 septembre 2005 : « Les plantes ont besoin d’eau. De ce fait, l’irrigation est une nécessité et elle sécurise le rendement et les revenus. C’est pourquoi nous devons trouver les moyens d’une meilleure gestion de l’eau. Il conviendra de travailler rapidement sur des solutions de retenue de substitution ; véritable alternative, elles permettent de gérer la ressource en eau grâce à un stockage des surplus d’eau en hiver.»