Bilan de santé de la PAC : Bruxelles évite les questions essentielles
07/11/2007
Avec les propositions qu’elle veut promouvoir dans le cadre du Bilan de Santé de la PAC, la Commission européenne tourne le dos aux réalités essentielles de la production de grains.
Elle néglige le fait que par la nature de son activité, ce secteur ne peut s’autoréguler et qu’il sera toujours sujet à d’amples retournements de marchés. Elle oublie que les désordres monétaires internationaux peuvent avoir eux aussi un impact important sur les revenus des exploitants européens, tout comme les systèmes d’aides que perpétuent les Etats-Unis pour permettre à leur agriculture d’aborder avantageusement les marchés des céréales et des oléoprotéagineux.
Au regard de ces réalités, il n’est pas acceptable que la Commission préconise l’affaiblissement des mécanismes de régulation des marchés et l’amputation pure et simple, sous diverses formes, des soutiens directs aux producteurs des grandes cultures.
En prenant ce parti et, également, en prônant une absence totale de lien entre les soutiens directs et la production, la Commission affiche une volonté inquiétante de se désintéresser de l’évolution de la production communautaire de céréales et d’oléoprotéagineux. Au contraire, ce secteur étant reconnu comme un fournisseur de plus en plus indispensable de denrées et de matières premières de base -avec tout ce qui s’y attache aux plans de la sécurité des approvisionnements, des activités et des relations internationales- l’UE doit veiller à ce qu’il connaisse un minimum de stabilité dans les contextes difficiles.