Artisan principal de l’accord sur le Bilan de Santé de la PAC intervenu ce matin à Bruxelles, le ministre français de l’Agriculture s’est donné la possibilité de porter jusqu’à plus de 40% les amputations opérées sur les paiements directs des producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux dans notre pays.
Aux 5% de modulation actuelle et 5% de modulation future vient s’ajouter en effet la possibilité, sous prétexte de rééquilibrage, de prélever 10% au titre du nouvel article 68 et plus de 20% au titre du nouvel article 64. Ce dernier, après modification majeure introduite en fin de négociation, permet en effet de transformer en quasi-totalité les 25% de paiements recouplés des producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux en paiements supplémentaires pour d’autres secteurs.
Dans un contexte de marché et d’augmentation de charges tel que nous le connaissons actuellement, ce niveau de prélèvement conduirait rapidement une large majorité de nos exploitations à la faillite, sans même prendre en compte le démantèlement de l’intervention décidé sur le blé ce matin. Il signifierait abandon de la production sur des centaines de milliers d’hectares et régression des activités qu’elle induit dans les zones touchées.
L’adoption d’un tel dispositif exprime une absence de sens des réalités économiques de l’agriculture préjudiciable non seulement aux exploitants, mais aussi aux consommateurs.
Les producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux en appellent à la FNSEA. Il faut que les discussions en son sein dans les semaines et mois à venir conduisent au réalisme et à des arbitrages prenant en compte les intérêts de tous et la situation de chaque secteur au regard des divers types de paiements de la PAC.
Contact : Pascal HURBAULT, 01 44 31 16 25