A l’occasion d’une conférence de presse organisée hier à Paris, les producteurs européens ont confirmé la progression de la Chrysomèle (Diabrotica virgifera virgifera), un insecte ravageur du maïs originaire du continent américain. La CEPM demande une évolution de la réglementation européenne et un accès aux outils de production existants pour préserver l’avenir des filières maïs en Europe.
Observée pour la première fois en Serbie en 1992, la chrysomèle du maïs n’a cessé de progresser pour atteindre différents pays d’Europe centrale ainsi que l’Italie et la France. Cet insecte, (dont les larves se nourrissent des racines et les adultes des feuilles et des soies du maïs) engendre des dégâts catastrophiques dans les quelques années qui suivent son apparition dans les parcelles.
Des moyens de lutte efficaces existent
Pour autant, aux Etats-Unis comme en Slovaquie ou Hongrie, des solutions de lutte ont démontré leur efficacité. Comme en a témoigné le Professeur Edwards, entomologiste américain, expert mondial de diabrotica : « La gestion de l’insecte est tout à fait possible à condition de disposer des solutions techniques efficaces (rotation, traitements du sol, traitements de semences et OGM résistants à la chrysomèle) et de laisser les agriculteurs les panacher avec intelligence. Cette lutte doit bien entendue être adaptée à la zone agro climatique et au niveau d’infestation ».
Une réglementation qui a montré ses limites
La réglementation européenne classe la chrysomèle comme insecte de quarantaine. Ceci implique une lutte obligatoire lourde de contraintes pour les maïsiculteurs touchés.
La réglementation impose notamment une stratégie d’éradication dans les zones indemnes. Mais en France, après 7 années d’éradication, il faut bien se rendre à l’évidence des limites de cette stratégie. Le piégeage de 300 insectes sur une vingtaine de nouveaux foyers cet été confirme l’installation progressive de l’insecte en Alsace et en Rhône-Alpes. Cette réalité est devenue économiquement intenable pour les maïsiculteurs concernés. En 2009, une caisse de solidarité professionnelle, alimentée pour moitié par l’État et pour autre moitié par la profession, est mise en place pour indemniser les maïsiculteurs pénalisés par le coût des traitements ou le manque à gagner dû à la rotation. Mais un tel mécanisme montrera rapidement ses limites sur le plan financier à mesure que l’insecte s’installera. Le Professeur Edward a d’ailleurs bien insisté sur ce point : « La stratégie d’éradication est extrêmement coûteuse pour un résultat relativement aléatoire ».
Les moyens de lutte insuffisamment disponibles
Si les agriculteurs américains sont parvenus à gérer l’insecte, c’est bien grâce à des méthodes de production innovantes et performantes : traitements de semences, OGM et rotation. Avec sa frilosité extrême vis-à-vis des OGM, l’Europe se prive d’un outil de lutte majeur. Pendant ce temps les États-Unis cultivent des OGM – maïs et soja – qui sont largement exportés. Les producteurs de maïs européens ne peuvent accepter de continuer à subir les incohérences d’un politique qui ne leur permet pas de produire des OGM alors même que les citoyens européens en consomment via les importations. Comme l’a affirmé le Président Christophe Terrain : « Le choix doit être clair : oui ou non aux OGM, à l’importation et à la culture ».
La C.E.P.M. (Confédération Européenne de la Production de Maïs) réunit les organisations maïsicoles représentatives des pays suivants : Allemagne, Bulgarie, Espagne, France, Hongrie, Italie, Portugal, Pologne, Slovaquie, Slovénie et Roumanie.
Contact presse : Anne KETTANEH
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